lun 14 jan 2008

Serpico

14 01 2008
Serpico, un film de Sydney Lumet de 1973 qui ressort ces jours-ci dans quelques salles de l'hexagone.


Tout d'abord, je trouve amusant de faire un parallèle visuel entre Serpico et American Gangster de Ridley Scott sorti en novembre 2007. Tous deux se déroulent dans le New-York du début des années 1970 et évoquent la corruption au sein de la police de cette ville. Ce que je trouve amusant, mais qui est certes un lieu commun, c'est la ringardise totale de tous les costumes et habits que portent les acteurs dans Serpico, autant d'ailleurs que la décoration de l'appartement d'Al Pacino.


Mais ceci est normal, le film est d'époque, les tenues en ne devaient pas beaucoup diverger de celles que les acteurs portaient en dehors du tournage. Même les gyrophares sur les voitures de police semblent sortis des années cinquante, alors que nous sommes dans les années 70. Tout simplement car, comme il en est aujourd'hui, à l'époque aussi, les gens utilisaient des objets vieux de dix ou vingt ans. Quand on regarde American Gangster, on trouverait presque que les acteurs ont l'air cool et que finalement, les années 70, à part quelques détails, ce n'était pas si monstrueux que cela. Détrompez-vous! Je soupçonne (pour ne pas dire j'accuse!), les studios américains d'estomper le côté démodé de ces années-là, préférant nous servir le contenu des catalogues de mode de l'année 1973, voir, demandant à des stylistes de 2007 de recréer un "esprit" 70's, plutôt que de nous montrer tout l'authentique des tenues portées à l'époque.



Mis à part ce détail visuel, Serpico est vraiment un bon film. Il raconte la détermination, l'amertume également qui gagne Frank Serpico, jeune flic, magistralement interprété par Al Pacino, qui refuse de se laisser corrompre. Devant l'étendue de la corruption, il va de commissariats en commissariats, chaque fois espérant qu'une mutation changerait les choses. Mais à chaque fois, il ne réussit qu'à se faire des ennemis, il finira même par se faire tirer dessus. Serpico est un original, un hippie, un idéaliste qui refuse de se laisser gagner par la corruption. Il est haï de cette corporation, de cette hiérarchie, conservatrice et corrompue, lui, cet homme libre et droit. Son vain combat pour alerter la hiérarchie qui le regarde souvent avec condescendance, ce combat pour garder son intégrité finira par le consumer lui-même.

Un film rare, à revoir ou tout simplement à voir.




La bande-annonce.



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