jeu 7 fév 2008
Cloverfield 06-02-2008
07 02 2008
Avec Cloverfield, J.J. Abrahms produit le remake parfait de Godzilla. Certain que Roland Emmerich n'avait rien compris, il n'a pas débauché Jean Reno. Je crois qu'il a bien fait.
Ce film est fort. Sur le fond, c'est un divertissement adolescent qui n'apporte rien de plus qu'un tour de grand huit. C'est rigolo, mais voilà. Sur la forme, c'est autre chose.

Je pense que ce qu'on murmure un peu partout, à savoir que Cloverfield marque le début d'un renouveau dans le film catastrophe, est absolument vrai.
Personne ne s'en cache, la principale idée de mise en scène est pompée sur Blair Witch Project. Là où le film fait fort, c'est qu'il s'agit d'un film de personnages. En effet, l'intégralité du film provient du caméscope de Rob, dont la caméra aurait été retrouvée dans l'endroit qu'on appelait Central Park. Le film consiste au visionnage de la cassette de son caméscope, du début à la fin. Le premier quart d'heure du film nous montre donc des scènes tout à fait banales, notamment la fête de départ de Rob qui doit partir au Japon pour un nouveau job. Or la petite fête est interrompue par un bruit sourd, mélange de cri et de froissement de métal. Les convives montés sur le toit assistent à une explosion au loin. Descendus dans la rue, ils voient atterrir à quelques mètres d'eux, après quelques ricochets sur des buildings, la tête de la statue de la liberté.

Rob, Hud, Marlena et Lily décident alors de partir à la recherche de Beth, coincée dans son appartement au nord de Manhattan. Ce qui parvient à capter l'intérêt du spectateur c'est justement ce quart d'heure de franche banalité qui permet de tisser un lien avec les personnages et de s'immerger complètement dans l'histoire, malgré le côté légèrement caricatural des personnages.

Ce film s'adresse clairement à une génération habituée à sortir le téléphone portable pour sauvegarder sa vie en image, à observer des scènes anonymes sur Youtube ou Dailymotion, à ceux qui ont vu et revus les images du 11 septembre 2001 aux infos, la poussière, les victimes et à cette génération bercée par le jeu vidéo. J'ai notamment pensé, pour les connaisseurs à la série de jeux Hal-Life, concernant le design de certaines créatures franchement inspiré, la ville en décomposition et la présence des militaires, sans parler de cette constante vision à la première personne qui donne une impression d'immersion inégalée. À ce titre, on assiste vraiment à des scènes clairement novatrices. Les effets spéciaux s'intégrant très bien dans l'image pas très précise du caméscope. Toujours dans un soucis de donner un côté documentaire, le film est complètement dépourvu de bande son.
Un autre point qui me parait intéressant d'analyser, c'est cette volonté des personnages de toujours ramasser la caméra, cette volonté de tout enregistrer. Certes, ici, ce n'est qu'un prétexte à l'existence même du film. Même quand les gens meurent autour de soi, l'important c'est de ramasser le camescope, laisser une trace à tout prix.

J.J.Abrahms, véritable instigateur de cette super production réussit le pari, pas forcément gagné d'avance de nous surprendre. Auteur de la série LOST, cet homme pourrait faire naître du suspens dans n'importe quelle situation. Habile, il sait suggérer sans trop montrer et il évite les erreurs grossières d'un Roland Emmerich en ne nous sortant aucune explication qui discréditerait dès la première phrase de son énoncé cette histoire qui tient absolument du ressenti sans nécessiter aucune justification qui ne serait dans tous les cas, qu'un prétexte. Aussi marrant qu'un tour de Space Mountain.
Vos réactions ici.

Je pense que ce qu'on murmure un peu partout, à savoir que Cloverfield marque le début d'un renouveau dans le film catastrophe, est absolument vrai.
Personne ne s'en cache, la principale idée de mise en scène est pompée sur Blair Witch Project. Là où le film fait fort, c'est qu'il s'agit d'un film de personnages. En effet, l'intégralité du film provient du caméscope de Rob, dont la caméra aurait été retrouvée dans l'endroit qu'on appelait Central Park. Le film consiste au visionnage de la cassette de son caméscope, du début à la fin. Le premier quart d'heure du film nous montre donc des scènes tout à fait banales, notamment la fête de départ de Rob qui doit partir au Japon pour un nouveau job. Or la petite fête est interrompue par un bruit sourd, mélange de cri et de froissement de métal. Les convives montés sur le toit assistent à une explosion au loin. Descendus dans la rue, ils voient atterrir à quelques mètres d'eux, après quelques ricochets sur des buildings, la tête de la statue de la liberté.

Rob, Hud, Marlena et Lily décident alors de partir à la recherche de Beth, coincée dans son appartement au nord de Manhattan. Ce qui parvient à capter l'intérêt du spectateur c'est justement ce quart d'heure de franche banalité qui permet de tisser un lien avec les personnages et de s'immerger complètement dans l'histoire, malgré le côté légèrement caricatural des personnages.

Ce film s'adresse clairement à une génération habituée à sortir le téléphone portable pour sauvegarder sa vie en image, à observer des scènes anonymes sur Youtube ou Dailymotion, à ceux qui ont vu et revus les images du 11 septembre 2001 aux infos, la poussière, les victimes et à cette génération bercée par le jeu vidéo. J'ai notamment pensé, pour les connaisseurs à la série de jeux Hal-Life, concernant le design de certaines créatures franchement inspiré, la ville en décomposition et la présence des militaires, sans parler de cette constante vision à la première personne qui donne une impression d'immersion inégalée. À ce titre, on assiste vraiment à des scènes clairement novatrices. Les effets spéciaux s'intégrant très bien dans l'image pas très précise du caméscope. Toujours dans un soucis de donner un côté documentaire, le film est complètement dépourvu de bande son.
Un autre point qui me parait intéressant d'analyser, c'est cette volonté des personnages de toujours ramasser la caméra, cette volonté de tout enregistrer. Certes, ici, ce n'est qu'un prétexte à l'existence même du film. Même quand les gens meurent autour de soi, l'important c'est de ramasser le camescope, laisser une trace à tout prix.

J.J.Abrahms, véritable instigateur de cette super production réussit le pari, pas forcément gagné d'avance de nous surprendre. Auteur de la série LOST, cet homme pourrait faire naître du suspens dans n'importe quelle situation. Habile, il sait suggérer sans trop montrer et il évite les erreurs grossières d'un Roland Emmerich en ne nous sortant aucune explication qui discréditerait dès la première phrase de son énoncé cette histoire qui tient absolument du ressenti sans nécessiter aucune justification qui ne serait dans tous les cas, qu'un prétexte. Aussi marrant qu'un tour de Space Mountain.
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