ven 22 fév 2008
PARIS - Cédric Klapisch
22 02 2008
Je sors du nouveau film de Klapisch pour le moins déçu.
Paris est le film chorale de Klapisch réunissant toute une brochette de "stars" françaises : Luchini, Cluzet, Binoche, Duris, Mélanie Laurent, Dupontel, Karin Viard.
Hélas, grand hélas, malgré quelques acteurs rattrapant les autres, je pense à Duris, à Mélanie Laurent ou Luchini qui même quand il est dans le cliché sait s'en sortir, malgré tout cela, contrairement à la devise de la capitale, le film prend l'eau.
L'idée n'est pas mauvaise en soi, un jeune homme atteint d'un problème cardiaque se sait presque condamné et il passe son temps à observer les autres. De par ce prisme passent tous les personnages et le malade n'hésite pas, avant que le rideau ne se ferme, à rappeler au spectateur que tous ceux qui marchent, s'engueulent, vivent dans Paris (ou ailleurs, enfin j'espère aussi ailleurs), ont bien de la chance. Un final trop moralisateur pour dénoncer quoi que ce soit qui m'a un peu agacé.
Premièrement, le film est victime de son trop grand nombre de personnages. Malgré les deux heures dix de pellicule, on n'en sort avec l'impression de les avoir à peine effleurés, avec une sensation de vide. On se demande où sont passées les deux heures dix du film.
Fait étonnant, j'ai trouvé que l'interprétation laissait à désirer dans certaines scènes. Pourtant les acteurs sont, si on peut dire, plus que professionnels, ce qui m'a fait me demander si l'équipe n'était pas pressée de faire le film, ne faisant qu'un minimum de prises, laissant du coup, assez peu de choix au montage, à moins qu'ils aient pris les comédiens au dépourvu pour la scène? Non, je ne trouve pas d'explication mais le fait est là.
Klapisch voulait passer au crible tous les étages de la société, hélas, il n'a pas su résister au cliché (je suis désolé, vous allez lire de nombreuses fois ce mot dans les phrases qui suivent).

Karin Viard est réduite à un rôle de cliché anecdotique de boulangère aussi stupide que désagréable.
François Cluzet essaie de camper un personnage "normal", la seule chose qu'on retient de ce type c'est qu'il est architecte et qu'il va avoir accessoirement un enfant. Accessoirement, car l'événement est à peine plus développé que dans la bande-annonce. On se demande même si son personnage ne serait pas débile léger par moments, ce qui est dommage, lui qui était si convaincant dans Ne le dis à personne. Ce personnage sert également d'excuse à Klapisch pour nous sortir une scène en animation 3D dont on a du mal à cerner l'utilité mis à part une éphémère apparition de Klapisch lui-même.
Les personnages du marché sont affublés d'une baufferie traduisant une vision peu flatteuse d'une certaine France d'en bas.
Cliché pour le professeur d'université, non pas dans le fait qu'il couche avec une étudiante, ce qui est plutôt bien traité, mais dans la vision et la fonction même du professeur. Luchini étant toujours aussi habile pour bien dire des phrases qui justement, ne veulent rien dire.
Le film fait aussi un petit tour au Sénégal ou quelqu'un rêve de la France, histoire de nous rappeler encore que l'on a de la chance. Ce qui est vrai, mais maladroitement fait dans ce film. On n'en vient même à se demander si ce n'est pas une semaine de tournage au Sénégal qui a motivé l'insertion de ces plans.
Un film trop entendu, dans l'air du temps, trop lisse et policé, consensuel, qui cherche à ratisser large en ne heurtant personne. Dommage qu'il soit sorti trop tard pour la promo de Paris 2012.
Bref, je suis déçu.

Vos réactions ici.
Paris est le film chorale de Klapisch réunissant toute une brochette de "stars" françaises : Luchini, Cluzet, Binoche, Duris, Mélanie Laurent, Dupontel, Karin Viard.
Hélas, grand hélas, malgré quelques acteurs rattrapant les autres, je pense à Duris, à Mélanie Laurent ou Luchini qui même quand il est dans le cliché sait s'en sortir, malgré tout cela, contrairement à la devise de la capitale, le film prend l'eau.
L'idée n'est pas mauvaise en soi, un jeune homme atteint d'un problème cardiaque se sait presque condamné et il passe son temps à observer les autres. De par ce prisme passent tous les personnages et le malade n'hésite pas, avant que le rideau ne se ferme, à rappeler au spectateur que tous ceux qui marchent, s'engueulent, vivent dans Paris (ou ailleurs, enfin j'espère aussi ailleurs), ont bien de la chance. Un final trop moralisateur pour dénoncer quoi que ce soit qui m'a un peu agacé.
Premièrement, le film est victime de son trop grand nombre de personnages. Malgré les deux heures dix de pellicule, on n'en sort avec l'impression de les avoir à peine effleurés, avec une sensation de vide. On se demande où sont passées les deux heures dix du film.
Fait étonnant, j'ai trouvé que l'interprétation laissait à désirer dans certaines scènes. Pourtant les acteurs sont, si on peut dire, plus que professionnels, ce qui m'a fait me demander si l'équipe n'était pas pressée de faire le film, ne faisant qu'un minimum de prises, laissant du coup, assez peu de choix au montage, à moins qu'ils aient pris les comédiens au dépourvu pour la scène? Non, je ne trouve pas d'explication mais le fait est là.
Klapisch voulait passer au crible tous les étages de la société, hélas, il n'a pas su résister au cliché (je suis désolé, vous allez lire de nombreuses fois ce mot dans les phrases qui suivent).

Karin Viard est réduite à un rôle de cliché anecdotique de boulangère aussi stupide que désagréable.
François Cluzet essaie de camper un personnage "normal", la seule chose qu'on retient de ce type c'est qu'il est architecte et qu'il va avoir accessoirement un enfant. Accessoirement, car l'événement est à peine plus développé que dans la bande-annonce. On se demande même si son personnage ne serait pas débile léger par moments, ce qui est dommage, lui qui était si convaincant dans Ne le dis à personne. Ce personnage sert également d'excuse à Klapisch pour nous sortir une scène en animation 3D dont on a du mal à cerner l'utilité mis à part une éphémère apparition de Klapisch lui-même.
Les personnages du marché sont affublés d'une baufferie traduisant une vision peu flatteuse d'une certaine France d'en bas.
Cliché pour le professeur d'université, non pas dans le fait qu'il couche avec une étudiante, ce qui est plutôt bien traité, mais dans la vision et la fonction même du professeur. Luchini étant toujours aussi habile pour bien dire des phrases qui justement, ne veulent rien dire.
Le film fait aussi un petit tour au Sénégal ou quelqu'un rêve de la France, histoire de nous rappeler encore que l'on a de la chance. Ce qui est vrai, mais maladroitement fait dans ce film. On n'en vient même à se demander si ce n'est pas une semaine de tournage au Sénégal qui a motivé l'insertion de ces plans.
Un film trop entendu, dans l'air du temps, trop lisse et policé, consensuel, qui cherche à ratisser large en ne heurtant personne. Dommage qu'il soit sorti trop tard pour la promo de Paris 2012.
Bref, je suis déçu.

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