mer 2 juil 2008

Valse avec Bachir - Ari Folman

02 07 2008


Valse avec Bachir est un documentaire d'animation réalisé par Ari Folman, sorti sur les écrans français le 25 juin 2008, il faisait néanmoins partie de la sélection officielle à Cannes cette année. Il s'agit d'un très bon film, à ne rater sous aucun prétexte. Ce film est un documentaire, il raconte l'histoire de son réalisateur Ari Folman. Ari est contacté un soir par un ami, vétéran comme lui de l'opération militaire israélienne au sud Liban de 1982, alors que son ami lui confesse qu'il fait depuis des années le même rêve où vingt-sept chiens courent à lui, Ari réalise qu'il n'a gardé aucun souvenir de cette période de sa vie. À peine un flash où il se voit flottant nu dans la mer devant Beyrouth illuminée par des fusées éclairantes.



Il retrouve la trace de ceux qui étaient avec lui là-bas en 1982 et recueille leur témoignage. Peu à peu, la guerre lui revient en mémoire, il avait alors dix-neuf ans et comme ses camarades, ils n'étaient que des jeunes gens comme les autres, pas prêts à affronter la stupidité et les horreurs de la guerre, partant au front comme on part en colonie de vacances. On est loin des clichés du genre et ici vous ne trouverez aucun héroïsme, juste des jeunes hommes confrontés à des événements absurdes qui les dépassent. L'émotion est belle et bien présente, l'animation est impeccable et très vive et réaliste. Le film est beaucoup plus sérieux que le magnifique Persépolis avec qui il n'a en fin de compte que peu de points communs mis à part le choix de l'animation.



Bachir? Il s'agit de Bachir Gemayel, chef des milices chrétiennes du Liban, allié d'Israël, il est élu Président de la République libanaise lors de l'intervention militaire israélienne. Il est assassiné moins de trois semaines plus tard. En représailles, ses partisans perpétrèrent des massacres punitifs dans les camps (sous surveillance israélienne) de Sabra et Chatila dans la nuit du 17 au 18 septembre 1982.



Ce massacre est un peu le trou noir qui aspire en fin de compte la mémoire de Ari. Où était-il cette nuit-là? A-t-il facilité la tâche aux phalangistes de Bachir? À la fin, l'animation laisse place à des images d'archives et de ce bad trip au pays des rêves et des faux souvenirs on fait face à la réalité et à l'horreur glaçante.







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