dim 2 nov 2008

Le troisième homme - Carol Reed (1949)

02 11 2008


Avec Joseph Cotten, Alida Valli et Orson Welles d'après un scénario de Graham Greene.

Holly Martins, écrivain raté débarque dans le Vienne de 1945. La ville est découpée entre les quatre puissances alliées, mais le centre est administré par une police conjointe où patrouillent au moins un homme de chaque armée. Holly vient suite à l'invitation de son ami d'enfance, Harry Lime, qu'il n'a pas revu depuis plus de dix ans. Ce dernier lui avait demandé de le rejoindre et se proposait en prime de lui offrir un travail. Holly arrive à Vienne juste à temps pour l'enterrement de son ami, renversé par une voiture la veille. Il rencontre alors le major Calloway qui pense que le décès de son ami n'était peut-être pas une si mauvaise chose. En rencontrant les proches de son ami, il fait la connaissance de la belle Anna Schmidt, et des deux hommes qui étaient présents lors de l'accident mortel de son ami. Mais certains témoins prétendent avoir vu un troisième homme…




Première originalité de ce film, le thème musical, à la guitare, aussi léger qu'entraînant, alors qu'il s'agit d'un film noir.


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En voyant ce film, j'ai compris où est-ce que Soderbergh avait pris son inspiration pour la réalisation de son Good German.
Orson Welles n'est qu'acteur sur ce film, il avait accepté de participer à ce film d'abord pour des raisons financières. Bien lui en a pris, car il laisse son empreinte sur la réalisation de ce film original. On sait qu'il ne s'est pas privé de prodiguer ses conseils à Carol Reed et on lui doit notamment la plupart des trouvailles de mise en scène.



Car la mise en scène de ce film est particulièrement remarquable, je ne pourrais faire ici que des remarques d'amateur, mais on ne compte pas les scènes visuellement très fortes. À ce titre on peut citer le plan final, absolument superbe, ainsi que le final paroxystique de la scène des égouts. Le jeu des ombres, dans cette ville dévastée a été lui aussi utilisé de manière intelligente tendant à faire sortir une réelle beauté de l'image. Enfin on peut souligner avec amusement le parallèle existant entre le début et la fin du film, ce qui lui donne, sur le plan de la forme, un aspect de film complet.





Les acteurs ne sont pas en reste, ils savent tous donner de la profondeur à leurs personnages, Orson Welles est, sans surprise, un acteur brillant. Joseph Cotten est très convainquant dans ce rôle d'écrivain qui cherche la vérité, malgré ses airs de cow-boy américain aux gros sabots, il se révèlera être un personnage subtil confronté à la douleur de la trahison. Alida Valli interprète à merveille son personnage de femme aux aboies, femme de caractère qui malgré l'évidence continue de croire ce qu'elle veut, quitte à se poser en moralisatrice. Enfin, une mention spéciale pour Trevor Howard (le major Calloway) et Paul Hoerbiger qui interprète le sympathique sergent Porter, le seul qui ait jamais lu un des westerns qu'ait écrit Holly.



Pour résumer sans trop dévoiler, il s'agit d'un film original. La musique légère adoucie ce film à la réalisation splendide, porté par des acteurs de grand talent. L'histoire est surprenante dans la mesure où elle ne se termine pas sur un thème que l'on aurait pu soupçonner au départ. Holly reste seul à la fin, pensant avoir fait le bon choix, ce qui n'est pas l'avis de tout le monde.



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