sam 28 fév 2009
Orange Mécanique - Stanley Kubrick (1971)
28 02 2009
Parlons de ce film à qui ce site doit en partie son nom. Chef d'œuvre, oui. Car aussi choquant qu'il soit, ce film n'en est pas moins un. Pour le rappel, on le doit au très grand Stanley Kubrick qui l'a réalisé en 1970 et la musique, composée exclusivement de reprises expérimentales de grands morceaux classiques a été réalisée par M ou Mme Wendy (Walter) Carlos qui fut l'une des premières à utiliser les vocoders. Ce film est également l'adaptation assez libre par Kubrick du roman de Anthony Burgess Intitulé en français l'orange mécanique.
Il y avait moi, c'est-à-dire Alex et mes trois droogies ; c'est-à-dire Pete, Georgy et Dim. Nous étions installés au Korova Milk bar à nous creuser le rassoudoc pour savoir où passer la soirée. Au Korova, on sert du lait + : lait plus velocet ou Synthemesc ou drink rhum. Nous, on en était au drink rhum, ça vous affûte l'esprit et ça vous mets en train pour une bonne petite fête d'ultra violence.
Ce film était, lors de sa sortie un film d'anticipation. Or, il m'a fait l'effet d'un film traitant d'une histoire très contemporaine voir d'un passé assez récent. Il raconte l'histoire d'Alex, jeune homme fanatique d'ultra violence et de Ludwig Von (Beethoven), avec ses Droogies, ils parlent un mélange d'argot anglais et de russe.
Ce film ne traite pas tant de la violence que de sa récupération par les gouvernants, la nécessité de la juguler, mais aussi cette possibilité étonnante qu'elle offre d'être exploité à des fins politiques. Alex, clairement déséquilibré, dangereux et violent, n'est en fin de compte qu'un objet qui passe de main en main, utilisé afin de servir certaines causes. On peut même se demander si dans la première phase de son histoire, il n'est pas déjà instrumentalisé.
Il se présente en victime alors qu'au contraire, il n'est qu'une brute qui au final réussira parfaitement à s'en sortir, semblant ne tirer aucune leçon de ce qu'il a vécu, semblant même se réjouir d'être utilisé.
C'est aussi une ironique leçon sur l'appréhension par la société de la violence. Le film semble dire qu'elle fait partie de la société et rien ne peut vraiment l'endiguer. On ne peut pas l'expliquer, mais elle est là, absurde, comme un reliquat de notre animalité. Car ces bandes de jeunes adeptes de l'ultra-violence ne souffrent d'aucun malheur, ils ont l'air assez aisés, ne semblent pas avoir de réels problèmes. Leur violence ne semble pas puiser sa source dans une quelconque frustration causée par la société ou par quoi que ce soit d'autre. On dirait vraiment qu'ils la pratiquent par pur plaisir sadique, par jeu, uniquement pour satisfaire leur divertissement.

Un film dérangeant, mais visionnaire, à la réalisation magistrale grâce au talent du maître Kubrick. Un film à voir et à avoir.
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