lun 27 avr 2009

Un Singe en Hiver - Henri Verneuil (1962)

27 04 2009


En Chine, à la venue de l'hiver, on trouve dans les villages, des petits singes perdus, comme surpris par la nouvelle saison. Là-bas, les gens pensent que eux aussi ont une âme, aussi, ils donnent tout ce qu'ils ont pour que les petits singes puissent retourner dans leur jungle et on voit alors passer des trains remplis de singes filer en sens inverse vers la grande forêt.

Pendant la seconde guerre mondiale, à Tigreville, en Normandie, Albert Quentin (Gabin), ancien fusilier marin d'extrême orient devenu aubergiste est un soudard de première. Lorsqu'il prend des cuites, il se retrouve sur le Yang Tsé Kiang, replongé dans les senteurs du fleuve Bleu, du fleuve Jaune, de la Chine et de ses nuits câlines. Alors qu'il protège ses bouteilles dans sa cave en compagnie de sa femme pendant un bombardement, il lui fait la promesse que s'ils survivent, il ne touchera plus jamais à une seule goutte et dira adieu au fleuve Yang Tsé.



Quinze ans de promesse tenue plus tard, d'une sobriété qui ne lui a attiré que l'incompréhension et le dédain du village, Albert Fouquet, publicitaire parisien débarque à Tigreville et descend à son auberge. Ce Belmondo de la nouvelle vague (pas celui qui porte un caniche sous le bras), est venu pour récupérer la petite Marie Fouquet, sa fille, malheureuse dans sa pension de jeune fille. Mais il hésite. Il est là, comme un singe en hiver, et il boit, mais il boit comme un seigneur. Gabin reconnaît en lui un prince de la cuite.
Fouquet, quand il boit se prend pour un torreador et voit l'Espagne. L'Espagne où sa femme Claire l'a abandonné ; il boit pour l'oublier elle, et pour oublier Marie aussi. Gabin voit en lui son semblable et sa tauromachie automobile lui rappelle son fleuve Jaune, l'ivresse lui manque.



Ce n'est pas un film sur l'alcoolisme, mais un film sur l'ivresse et ça, c'est beaucoup plus beau. Un film qui se termine comme un feu d'artifice.
Belmondo, Gabin, l'ivresse, des dialogues d'Audiard et un film d'Henri Verneuil. Tout est dit dans cette phrase.



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