mar 5 jan 2010
TETRO - Francis Ford Coppola
05 01 2010
Benjamin, jeune américain de dix huit ans débarque à Buenos Aires pour une semaine. Le navire sur lequel il s’est engagé après avoir fui l’école militaire et sa famille doit faire une halte suite à une avarie. Hasard ou coïncidence, c’est aussi dans cette ville que son frère Angelo a trouvé refuge après avoir tourné le dos à sa famille une dizaine d’années auparavant.
Benny retourne voir son frère avec, dans ses affaires, une lettre qu’Angelo lui avait laissé en guise d’adieu dans laquelle il lui expliquait qu’il devait partir pour écrire mais qu’il lui promettait de revenir le chercher.
L’accueil n’est pas chaleureux. Angelo, qui a renoncé jusqu’à son nom ne se fait plus appeler que Tetro et n’a pas l’air ravi de le revoir. Benjamin se donne jusqu’au départ de son bateau pour essayer de comprendre Tetro et de retrouver le frère qu’il a perdu.
Ceci n’est que le début de l’histoire, la suite, je vous invite à la découvrir en allant voir ce film dans lequel on retrouve le Coppola d’Apocalypse Now, de Dracula, du Parrain et même de Cotton Club (qui m’avait laissé à l’époque, une bonne impression), mais dans un style beaucoup plus intimiste parfaitement maîtrisé.
Francis Ford Coppola livre avec Tetro une tragédie. Un film complexe, beau et intéressant à de nombreux égards. Cela faisait longtemps que je n'étais pas sorti d'une salle obscure avec ce sentiment étrange, grisant, celui qu'on a lorsqu'on referme un bon livre, celui qu'on a tout simplement au contact d'une œuvre qui a de l'importance.
La photographie, d’un noir et blanc cristallin nous entraîne dans une Argentine presque fantasmée, une argentine de conte romantique qui nous emmène de Buenos Aires jusqu’en Patagonie. Le parti pris du temps de la narration en noir et blanc et des flashbacks en couleur augmente encore l’ambiance si particulière du film.
Vincent Gallo est magistral dans ce film, qu’il porte à lui seul dans le rôle de Tetro. Il ne faut cependant pas oublier Maribel Verdu, qu’on avait déjà pu voir aux prises avec Sergi Lopez dans le Labyrinthe de Pan et Alden Ehrenreich, prometteur dans le rôle de Benny.
Une tragédie moderne. Pas facile de tenir une telle histoire, mais de bout en bout, on y croit, l'interprétation des acteurs emportant la conviction jusqu'au bout.

Une triste histoire de famille dans une Argentine presque fantasmée oscillant entre l’angoisse des personnages et l’onirisme de leurs souvenirs. Le film évite tous les pièges et Coppola signe là un grand film. Le film à voir en ce début d'année 2010.
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