mar 30 mar 2010
Carmen Maria Vega
30 03 2010
J'ai eu l'occasion samedi dernier d'aller à l'Alhambra, à Paris, pour écouter, et voir, Carmen Maria Vega, dont le premier album éponyme avait déjà été une bonne surprise lors de sa sortie il y a quelques mois.
Carmen Maria Vega, c'est bien sûr Carmen, mais c'est surtout un groupe : un guitariste compositeur, parolier (Max Lavegie), un contrebassiste (Alain Arnaudet) et un batteur (Toma Milteau) en oubliant (à tort), le côté technique du groupe.
Pas facile de mettre de l'ambiance dans une salle où tout le monde est assis confortablement dans un fauteuil, et bien, croyez-le ou non, à la fin, j'étais debout à hurler des bravos en frappant dans mes mains endolories jusqu'à ce que la salle soit vide.
Quelle fille ! Quel groupe ! Quel concert !
Ce qu'il y a de vraiment fort chez les Carmen Maria Vega, c'est cette complicité qu'elle sait instaurer directement avec le public. On se sent tout de suite en confiance, à l'aise. C'est d'autant plus fort que tout semble détendu, naturel, presque improvisé alors qu'on sent derrière tout cela un côté très pro et une machine bien huilée.
J'aime particulièrement chez ce groupe ce côté détaché, décalé qui est tellement plaisant en ces périodes où la boursouflure vient si facilement, mais avec des textes toujours percutent, aussi bons dans la dérision que dans l'émotion. Car si Carmen est drôle, ce n'est pas son seul registre. C'est une vrai chanteuse et sa voix lui permet d'exceller aussi bien dans des chansons survoltées comme Bozotomie que dans l'émotion, palpable, lorsqu'elle chante la superbe chanson "en attendant" ou "dessous les toits". De la fragilité à la folie (mention spéciale à l'excellente "les anti-dépresseurs") Carmen maîtrise tous les registre avec un détachement et une drôlerie que beaucoup feraient mieux de lui emprunter.
Etant moi-même du cru, mon seul regret est de ne pas l'avoir entendue chanter My Funny Valentine à ses débuts dans quelque estaminet de notre belle ville de Lyon. Peut-être pour un prochain concert ? A quand un concert de Carmen entièrement basé sur des reprises jazz au hot club à Lyon ou aux Ducs des Lombards à Paris ? De quelle planète vient Carmen ? Il semblerait qu'elle soit de la planète jazz, plus Django que Miles, piochant dans la bonne chanson française et en croisant cela avec une fougue presque punk.
Car oui, les Carmen, c'est un peu le mélange jamais tenté et qui marche du premier coup. En les écoutant, je pense à Dutronc père, je pense à Renaud et je pense même aux Beastie Boys dans la démarche pour le mélange des genres dont ils sont rois et le côté presque punk qu'on peut lui trouver parfois. Les Carmen, c'est donc le mélange d'une tradition de chanson française de qualité faite avec un esprit punk par des gens qui viennent du monde du Jazz.
Faire oublier tous les chanteurs/chanteuses français occupant le devant de la scène apparus depuis cinq ans (sauf le grand frère Thomas Dutronc), voilà ce à quoi parvient Carmen Maria Vega. Les plus réalistes me diront, il n'y avait pas beaucoup de concurrence sérieuse, ce n'est pas faux, mais je suis content d'avoir découvert des artistes français que j'ai envie de suivre sur plus d'un album.
Carmen Maria Vega a trouvé le feu sacré, la bonne formule, je ne lui souhaite que de continuer à réussir de marcher sur ce fil.
Pour conclure, je dirai que Carmen Maria Vega est un concentré de drôlerie, de talent et d'émotion sur une musique qui donne envie de sauter partout et avec des textes qu'on a envie de relire une fois le concert terminé. Allez voir Carmen Maria Vega et si ce n'est pas déjà fait, achetez son album.
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